mardi 31 mai 2016

L'APPARENCE DE LA CHAIR de Gilles Caillot



Pour le capitaine de police Sylvie Branetti, la vie s'est arrêtée il y a quinze ans, lorsque le tueur qu'elle poursuivait a enlevé sa fille Lila avant de disparaître.

Après un passage obligé en hôpital psychiatrique et des séances régulières de psychothérapie et d'hypnose, elle se raccroche à un seul objectif: savoir ce qui est arrivé à Lila. La découverte d'un cadavre mutilé, arborant la même signature que celle du monstre qu'elle a croisé par le passé, la propulse à nouveau dans l'horreur. 

Mais elle a cette fois une espérance: connaître enfin la vérité.
Accompagnée de Paul Bénito, son ancien amant, elle veut suivre avec acharnement les traces laissées par le bourreau et mène une enquête aux confins de la réalité, un parcours peuplé de rêves étranges qui la submergent de plus en plus.

Où cela pourra-t-il finir? Et si tout n'était qu'apparence? Bienvenue dans le chaos. 

MON AVIS : Voici un auteur que je ne connaissais pas dans le monde du Thriller français, ayant vu que Mr Thilliez le conseillait (bluffant selon ses dires) je me suis lancé. Et bien m’en pris, ce livre nous emmène sur les traces du tanneur, un serial-killer, assez manuel comme le laisse présager son nom, qui 15 ans plus tôt a enlevé la fille de la protagoniste principale, Sylvie Branetti. Je dois dire avoir été un peu sceptique quant a cette héroïne un peu pleurnicharde, je sais je suis un sans cœur, mais en fait, au fil du livre, cela s’imbrique parfaitement. Nous ne savons plus trop sur quel pied danser, on navigue constamment entre le réel, le rêve, la psychose. L’auteur est parti d’une réflexion quant à l’état végétatif, comateux et l’a exploité afin de nous livrer une histoire tirant aussi bien sur le thriller : une enquête, un serial-killer, le flic baraqué au grand coeur, que sur la trame psychologique avec son dénouement on ne peut plus humain. Bon roman, truffé de rebondissements, qui ne nous laisse aucune certitude et dont la fin  nous laisse un sentiment d'impuissance mêlé de tristesse.

MA NOTE : 8.5/10

mardi 5 avril 2016

LE PAPE, LE KID ET L'IROQUOIS de Anonyme

Vous aimez Grease, le pape et les psychopathes ? 

D’un côté, le Bourbon Kid, tenant du titre du tueur en série le plus impitoyable et le plus mystérieux que la terre n’ait jamais porté.
De l’autre, avec plus d’une centaine de victimes à son actif, l’Iroquois, blouson de cuir rouge, masque d’Halloween surmonté d’une crête, challenger et sérieux prétendant au titre.
Le combat s’annonce terrible.
Dans les coulisses : une organisation gouvernementale américaine top secrète spécialisée dans les opérations fantômes, une nonne, un sosie d’Elvis, quelques Hells Angels et une cible de choix pour nos psychopathes frénétiques : le pape, en voyage secret aux Etats-Unis.
Sur la musique de Grease, nous vous convions au spectacle littéraire le plus déjanté de la décennie.

MON AVIS : Alors, je ne connais le titre en version originale mais si l'on ne connait pas l'auteur ca peut tout de meme paraitre étrange au premier abord, remarquez au second aussi. Nous retrouvons donc tous les personnages les plus extravagants que l'on a connu dans les precedents tomes : Elvis, the Bourbon Kid, Rodeo Rex ainsi que le petit dernier, l'iroquois. Tout ce petit monde s'est donné comme mission de sauver le pape d'une tentative d'assassinat par de vil individus tel que frankenstein ou bien Mozart, ca donne envie ? Et oui notre cher Anonyme nous a sorti ce qui lui passait par la tête, je maintiens que cet auteur doit tourner au drogue dure, et c'est toujours aussi réussi. Comme les précédents ouvrages ce que l'on retrouve ici n'est pas appréciable au premier degré, Ce qui est jouissif est cet aspect déjanté à souhait, ces caricatures de personnages invincibles, ce melange de western-spaghettis, epouvante, fantastique, humour pas très fin, tout cela nous donne un roman lus plus pour son contenu stellaire que pour la fin en elle même.

MA NOTE : 8/10



lundi 14 mars 2016

VENDS DEUX PIECES A BEYROUTH de Jeremy FERRARI



Si on lui demande « peut-on faire un spectacle d’humour sur la guerre ? » Jérémy vous dira que oui, parce que la guerre, c’est chouette !
Alors il a creusé, creusé, et osera répondre aux questions que vous n’osez même plus poser ! Sommes nous vraiment protégés par des flics en roller ? Daesh, est-ce vraiment une start-up qui monte ? Est-ce que les entreprises qui ont fait fortune grâce au régime nazi doivent s’en vouloir ? Peut-on faire de l’humanitaire et avoir une terrasse en teck ?
Il vous donnera aussi une formation antiterroriste, et vous expliquera pourquoi Al Qaida sans Ben Laden, c’est comme Apple Sans Steve Jobs.

MON AVIS J'ai vu ce spectacle en province il y a peu (cela a son importance pour la police à cheval et les voleurs de poule) et je dois dire que cela faisait très longtemps que je n'avais pas ressenti cela après un one-man-show. C'était juste excellent, son dernier spectacle, Halleyluya Bordel, était déjà très bien, mais il s'agissait tout de même plus d'un décorticage des diverses religions ainsi que de leurs travers (et surprise, ils étaient nombreux).
Ici Jeremy Ferrari, après deux années de préparation, documentation, s'attaque à la guerre sous toutes ses formes. Que ce soit à travers les récents attentats français, la Corée, la Seconde Guerre mondiale, l'auteur nous fait partager le fruit de ses recherches et cela avec un humour totalement maîtrisé. À travers ses différents textes, on le sent en colère contre ces laisser-aller politiques, financiers... Certes, le fait de rire avec les événements récents, tels que les attentats, du Bataclan peut choquer certaines personnes, mais que celles-ci ne se sentent pas obligées de venir voir ce spectacle. Et si vous ne savez pas trop à quoi vous attendre, le début du spectacle vous met d'emblée dans le bain.
Comme je l'ai dit plus haut tout est maîtrisé, comme lors de son précédent one-man-show, Jeremy (ça y est on devient intime) laisse à disposition divers documents à consulter (également téléchargeable sur son site), et non seulement l'on rit, mais l'on découvre beaucoup de choses. 
La différence, avec cet humoriste, provient surtout du fait que, contrairement à beaucoup de ses collègues qui plaisantent avec les phénomènes de la vie courante, Jeremy nous présente des sujets d'actualité sous un nouveau jour, celui d'un homme concerné, ayant des choses à dire, et ce sans retenues (dixit l’artiste : qui a des c…lles).
On le compare souvent à Coluche et à Desproges, effectivement il a ce franc-parler que pouvait avoir Coluche et cet humour noir qui caractérisait Desproges, mais  contrairement à ce dernier humoriste qui avait fait un spectacle dégagé, il s'agit là d'un spectacle engagé comme l'on en voit que trop rarement. C'est intelligent, vif, incisif et évidemment drôle, Jeremy Ferrari est un humoriste à suivre (pas au sens propre, c'est un coup à se retrouver avec une minorité oeuvrant à généraliser la circoncision cérébrale pour toute personne ayant une once de réflexion ) qui, s'il reste tel quel, a énormément à nous apporter.

P.S : Ceci n'est pas uniquement un avis masculin, c'est le résultat de mon ressenti ainsi que celui de ma femme. 

A VOIR ABSOLUMENT, ET SI NE VOULEZ PAS Y ALLER, OFFREZ MOI DEUX PLACES JE SAURAIS QUOI EN FAIRE

dimanche 6 mars 2016

CYCLE KENZIE ET GENNARO de Dennis Lehane






Patrick Kenzie et Angela Gennaro, amis d'enfance, travaillent comme détectives privés, leur bureau installé dans le clocher d'une église de Boston. Un jour, d'importants politiciens viennent leur proposer une mission : retrouver une domestique qui se serait enfuie emportant avec elle des documents hautement sensibles. En suivant sa trace, ils vont alors plonger dans le cœur sombre de Boston, où une guerre des gangs est sur le point d'exploser.

 MON AVIS  Dennis Lehanne.
 Ce nom ne vous parlera peut être pas, mais ses ouvrages un peu plus : Mystic River, Gone Baby Gone ou encore Shutter Island. Et c'est après avoir récemment vu Shutter Island (je sais, je suis à la bourre) que j'ai décidé de m'intéresser à cet auteur.
À travers ces six romans, que je vous conseille de lire dans l'ordre, nous découvrons deux détectives privés et amis d'enfance : Patrick Kenzie et Angela Gennaro. Les affaires qui leur sont proposées traitent de sujets assez durs, même l'on ne sombre pas pour autant dans le mélodramatique, grâce entre autres à cet humour caractérisant le protagoniste principal, Kenzie.
Nous retrouvons à travers ces enquêtes une atmosphère assez noire qui n'est pas sans rappeler les aventures d'un certain Marlowe de Raymond Chandler. Certains de ces romans sont plus réussis, plus vivants que d'autres, tel Gone Baby Gone, mais tous traitent de sujet contemporain, la politique, l'enfance maltraitée, la pègre... et se lisent sans ennuis
A noter que les cinq premiers ont été écrits entre 1994 et 1998, le dernier, écrit en 2010, reprend l'intrigue et les protagonistes de Gone Baby Gone après que douze années se soient écoulées.
Bons romans avec des intrigues complètement différentes les unes des autres et des personnages hauts en couleur (mention spéciale au personnage de Bubba, un ami d'enfance avec qui il ne vaut mieux pas se disputer), le tout sur fond d'actualité.


MA NOTE : 8.5/10

dimanche 31 janvier 2016

LE CYCLE DES DIEUX de Bernard Werber



Quelque part, loin, très loin, se trouve une île que ses habitants appellent Aeden. Là, perchée sur un haut plateau, une ville : Olympie. Dans son cœur, une étrange institution, l'école des Dieux, et ses professeurs : les douze dieux de la mythologie grecque, chargés d'enseigner l'art de gérer les foules d'humains pour leur donner l'envie de survivre, de bâtir des cités, de faire la guerre, d'inventer des religions ou d'élever le niveau de leur conscience.
La nouvelle promotion ? Cent quarante-quatre élèves dieux qui vont devoir s'affronter à travers leurs peuples, leurs prophètes, chacun avec son style de divinité. Mais la vie sur Aeden n'est pas le paradis. Un élève essaie de tuer ses congénères, un autre est tombé fou amoureux du plus séduisant des professeurs, Aphrodite, déesse de l'amour, et tous se demandent quelle est cette lumière là-haut sur la montagne qui semble les surveiller...
Après Les Thanatonautes et L'Empire des anges, Bernard Werber nous entraîne encore plus loin dans la découverte des spiritualités et des mythologies. A la fin de cette extraordinaire saga où se mêlent aventure, suspense et humour, vous vous poserez, vous aussi, la question " Et vous, si vous étiez Dieu, vous feriez quoi ? "

MON AVIS  : Voici un cycle que j'avais entamé il y a bien longtemps par "les tanatonautes" suivis de "l'empire des anges", d'ailleurs je vous les conseille dans cet ordre afin de suivre les personnages et leurs cheminements. Nous sommes donc dans le royaume des dieux, plus précisément ceux de la mythologie grecque ce qui n'est pas pour me déplaire, avec nos aventuriers de l'au-delà : Pinson et Razorbak. Cette trilogie est réussie ne serait-ce que par le principe de création du monde qui y est présenté, mais aussi grâce aux personnages assez atypiques (forcement). Un bémol tout de même pour la longueur du concours de gérance de peuple, celui-ci aurait pu être un peu plus rapide et efficace.
Bonne trilogie donc qui clôt les aventures de Raoul Razorbak et Michel Pinson, mais qui aurait pu être un peu écourtée. En ce qui concerne la chute je vous laisse seul juge, mais j'ai été un peu déçu que celle-ci ait été devinée par certains protagonistes, peu de surprise et d'originalité en définitive.


MA NOTE : 7.5/10

LES VOIES DE L'OMBRE Tome 1 : PREDATION et Tome 2 : STIGMATE de Jerome Camut et Nathalie Hug



Prédation : Un cadavre est retrouvé nu dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme désespéré hurle de rage avant de se tirer une balle en plein crâne dans un centre commercial. Un jeune père au bord de la folie délire au fond d'un cachot sans porte ni fenêtre. Tous ces faits sont liés à une nouvelle criminalité organisée, fondée sur le chantage. Stigmate : Deux hommes et une femme, victimes à l'existence brisée, se lancent sur les traces du prédateur qui a dévasté leurs vies.


MON AVIS Voici une série que j'hésitais à lire depuis longtemps, les critiques étaient unanimement positive donc en théorie je ne prenais pas grand risque. L'idée de base est bien trouvée, concernant le tueur, pourvu d'un sadisme assez développé, et ses hobbies, mais j'avoue ne pas avoir accroché plus que cela aux divers personnages. J'ai pourtant poussé jusqu'au deuxième tome pour voir si mes sentiments quant aux protagonistes évoluaient, mais cela n'a pas été le cas. Et de ce fait, n'étant pas plus concerné que cela par leur avenir, je me suis relativement ennuyé. De plus, le tueur est certes sadique, mais ne m'a pas occasionné de sentiment de frayeur, malaise ou autres que l'on peut ressentir lorsque l'on rencontre ce genre de personnage (de façon littéraire bien sûr).
En bref, je n'ai pas été convaincu par ces deux tomes constituant le début d'une tétralogie, peut-être irais-je tout de même jusqu'au bout, mais ce n'est pas à l'ordre du jour.

MA NOTE : 6/10