samedi 19 octobre 2019

LES CHRONIQUES DE GRIMNOIR, Trilogie de Larry Correia




États-Unis, début des années 1930. Les dirigeables sillonnent le ciel, Berlin est peuplée de zombies et la magie, apparue depuis près d’un siècle, a changé la donne. Le grand public hésite entre admiration et haine des « actifs », ces gens qui se téléportent, lisent dans les esprits, modifient la gravité, contrôlent les animaux, guérissent par imposition des mains…
Deux organisations de magiques se livrent une guerre souterraine acharnée : l’Imperium et son maître le « président », qui tiennent le Japon, et le Grimnoir, société secrète de résistants aux intentions louables mais aux méthodes discutables.
Jake Sullivan, lui, vétéran de la Grande Guerre au passé de truand, ne doit la liberté qu’à son serment de mettre ses pouvoirs au service du FBI chaque fois qu’une enquête implique des « actifs » criminels. Il sera bientôt confronté aux véritables enjeux géopolitiques d’un monde au bord de l’enfer et de la destruction ; il lui faudra choisir son camp.



MON AVIS : Nous voici dans l’Amérique des années 30 avec ses gangsters, ses détectives en imper, sa corruption. Je dois dire que c’est une période que j’apprécie dans les romans, surement une réminiscence des Raymond Chandler que j’avais lus plus jeune. Si l’on ajoute à cela une sorte de magie, tout du moins de par son origine, car j’associerai plus ces facultés magiques à des sortes de super-pouvoirs, je dois dire que cela a éveillé ma curiosité.

Si vous êtes amateur de X-Men ou autres séries/films de super-héros, ces livres devraient vous ravir. La différence notable est qu’ici les pouvoirs ne sont pas uniques, plusieurs personnes possèdent le même car, finalement la variété proposée n’est pas infinie. Le fait que la trame se déroule dans les années 30 apporte son petit lot d’originalité, d’autant plus que des personnalités réelles interviennent (Hoover, Roosevelt). Les personnages sont attachants et évoluent bien au fil des différents tomes. J’ai, cependant, été un peu moins convaincu par le dernier tome dans lequel « l’ennemi » n’était pas à la hauteur du « président » apparu dans les précédents opus.

Bonne trilogie qui nous apporte une originalité quant à l’association Amérique des années 30/magie et nous offre un bon moment de lecture sans toutefois nous transcender.



MA NOTE : 7.5/10

dimanche 22 septembre 2019

LUCA de Franck Thilliez




" Existe-t-il encore un jardin secret
que nous ne livrions pas aux machines ? "

Partout, il y a la terreur.
Celle d'une jeune femme dans une chambre d'hôtel sordide, ventre loué à prix d'or pour couple en mal d'enfant, et qui s'évapore comme elle était arrivée.
Partout, il y a la terreur.
Celle d'un corps mutilé qui gît au fond d'une fosse creusée dans la forêt.
Partout, il y a la terreur.
Celle d'un homme qui connaît le jour et l'heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.
S'engage alors, pour l'équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.
C'était écrit : l'enfer ne fait que commencer.


MON AVIS : Voici donc le nouveau roman de mon auteur français fétiche, Mr Franck Thilliez. Auteur que j’ai pu rencontrer  lors de la sortie de son livre, il est très accessible et patient (on était venu en famille et tout le monde est reparti avec sa dédicace personnalisée sur les différents livres, BD…), merci à lui.
Nous retrouvons donc l’équipe de Sharko à laquelle vient s’ajouter une nouvelle recrue Audra Spick. 
Dans un premier temps,  nous avons a une affaire « classique », enfin,  pour Sharko,   d’enlèvement  et  de Grossesse Pour Autrui,  à cela se mêlent les réseaux sociaux, les médias. Puis l’auteur nous sort le grand jeu : eugénisme, meurtres sordides type snuff movie,  darknet,  dérives des réseaux sociaux, GPA sordide. L’enquête évolue à travers tout cela pour nous perdre dans ses méandres et tout cela sans qu’aucune incohérence apparaisse. Le travail de documentation exercé par l’auteur est toujours aussi  sérieux et ça se ressent, nous avons cette impression de naviguer entre fiction et réalité.
Cette enquête est menée par l’équipe de Sharko et non pas en solo ou duo comme la majeure partie des précédents opus. J’ai même trouvé que le couple Sharko-Hennebelle était légèrement en retrait, mais en même temps il y a d’autres éléments « fracturés » dans leur équipe qui essaient de trouver leur rédemption.
Très bon roman abordant de nombreux thèmes d’actualité et qui nous incitent à être plus vigilants quant à notre utilisation des technologies modernes…enfin, pour les "trop" confiants d'entre nous. En ce qui me concerne, j’ai retrouvé de nombreux échos à mes idées et cela ne fait que renforcer mon avis quant à cet auteur.
Quant à LUCA, peut-être le retrouverons-nous dans quelques années.

MA NOTE : 10/10

LE MASQUE DE LA MORT de David Gemmel




Londres est en ébullition : dans une société en pleine mutation, la pauvreté exacerbe les tensions raciales et divise la population. C'est au coeur de ce contexte étouffant que des femmes se mettent à disparaître : un tueur au sinistre masque les assassine les unes après les autres, sans laisser le moindre indice derrière lui. La presse fascinée l'appelle bientôt Le Masque de la Mort.
Jeune journaliste ambitieux, Jeremy Miller se verrait bien couvrir l'affaire, au lieu de perdre son temps à rédiger des articles complaisants sur des sujets communs. Alors, quand les meurtres commencent à recouper ses propres reportages, Jeremy est donc le premier surpris. Et bientôt le premier en ligne de mire...

MON AVIS : Voici le dernier roman paru de David Gemmel, il s’agit d’un manuscrit, retrouvé par sa veuve. Nous sortons ici du genre de prédilection de l’auteur, à savoir l’héroic-fantasy, pour nous plonger dans un thriller. Gemmel m’a habitué à des personnages hauts en couleur auquel on s’attache, ici le personnage principal est un jeune journaliste assez puant de prétention qui n’attire évidemment pas la sympathie. Pourtant au fil de cette enquête, les personnages qu’il rencontre, qui  eux sont beaucoup moins superficiels, vont le faire évoluer, changer, et notre point de vue avec. Ce contraste entre ces personnages secondaires, mais non moins importants, et ce jeune freluquet va s’amenuiser jusqu’à ce que celui-ci intègre toutes les qualités qui lui faisaient défaut. Malgré cette évolution, j’ai tout de même été davantage intéressé par des personnalités plus empreintes de mystère comme  Ethel Hurst et surtout Mr Sutcliffe dont on a envie de connaître toute l’histoire.
Quant à l’intrigue en elle-même, elle n’est pas aussi riche que je l’aurais souhaité, notamment le dénouement qui est un peu simple à mon goût.
Je suis un grand amateur des romans de David Gemmel, et je suis un peu resté sur ma faim avec celui-ci. C’est un bon thriller, mais il s’agit d’un manuscrit retrouvé, était-il complètement achevé, peaufiné ou est-ce moi qui en attendais trop ?

MA NOTE : 8.5/10

SHARAKHAI tome 3 : LE VOILE DES LANCE de Bradley P. Beaulieu




Depuis la Nuit des Innombrables Lames, les rebelles des Hôtes sans Lune sont traqués sans relâche. La plupart d’entre eux ont été obligés de fuir la cité. Çeda, qui s’est réfugiée dans le désert, découvre qu’un Roi compte se retourner contre les autres souverains. Elle espère exploiter ces dissensions, mais en qui peut-elle faire confiance ? Tous sont susceptibles de la trahir.
Çeda imagine alors un plan risqué : libérer les asirim, les esclaves immortels des Rois. Mais le meilleur stratège de ces derniers, le Roi des Lames, est à ses trousses…
Tandis que la jeune fille tente de sauver les siens, la machiavélique reine de Qaimir, l’impitoyable mage de sang Hamzakiir et le Roi des Lames se préparent au terrible affrontement qui décidera du sort des peuples du désert…

MON AVIS : J’étais un peu resté sur ma faim avec le tome deux, je dois dire que ce n’est pas le cas ici. Le rythme est bien plus soutenu que dans le précédent opus, mais ce n’est pas pour autant que l’histoire n’avance pas. Ceda continu dans sa quête de vengeance tandis que les guerres de pouvoir mettent à mal les rois de Sharakhai. Les explications arrivent au compte-goutte et l’on sent que l’auteur a encore quelques cartes dans sa manche. La série ne s’arrêtera pas tout de suite.
J’ai retrouvé avec plaisir ce monde oriental, l’auteur nous emmène sur ces « mers désertiques » afin de voguer en compagnie de ses différents personnages, et ce voyage nous emmène avec facilité et plaisir jusqu’à la fin de cet opus. A suivre.

MA NOTE : 8.5/10

NOUS ALLONS TOUS TRES BIEN, MERCI de Daryl Gregory




Il y a d'abord Harrison, qui, adolescent, a échappé à une telle horreur qu'on en a fait un héros de romans. Et puis Stan, sauvé des griffes d'une abomination familiale l'ayant pour partie dévoré vif. Barbara, bien sûr, qui a croisé le chemin du plus infâme des tueurs en série et semble convaincue que ce dernier a gravé sur ses os les motifs d'un secret indicible. La jeune et belle Greta, aussi, qui a fui les mystères d'une révélation eschatologique et pense conserver sur son corps scarifié la clé desdits mystères. Et puis il y a Martin, Martin qui jamais n'enlève ses énormes lunettes noires. Tous participent à un groupe de parole animé par le Dr Jan Sayer. Tous feront face à l'abomination, affronteront le monstre qui sommeille en eux et découvriront que le monstre en question n'est pas toujours celui qu'on croit.

MON AVIS : Alors voici un petit livre,170 pages, qui est pour le moins intrigant. Une réunion type thérapie de groupe pour des gens traumatisés lors d’événements particulièrement violents et horrifiques. Je trouve que cela part très bien, que ce soit la présentation des personnages,  l’exploration des fêlures de chacun, toute la mise en place se fait avec facilité et curiosité, car ces personnes ont vécu des drames des plus étranges. Malheureusement, on ne s’attarde pas sur chacun, on ne fait que survoler leurs histoires pour finalement se concentrer surtout sur un personnage. Certes, c’est à travers son vécu que l’histoire trouve son dénouement, mais on aurait peut-être voulu un peu plus d’explications. Nous restons sur notre faim et espérons que l’auteur se servira de cette histoire comme base d’autres livres.
Finalement, si l’on considère que ce livre est un roman, on reste sur une impression de frustration par contre si l’on considère qu’il s’agit d’une nouvelle, alors c’est réussi. D’ailleurs, l’interview de l’auteur nous éclaire un peu sur cet ouvrage, qui a souvent concouru dans la catégorie nouvelle.

MA NOTE : 8/10

mercredi 18 septembre 2019

LA NUIT DES CANNIBALES de Gabriel Katz




Le réveil, déjà... Il est sept heures. Bizarre, j'aurais juré l'avoir réglé sur huit. Sous ma main, la table de nuit est plus basse que d'habitude. La radio gueule un truc qui ressemble à Madonna, ou Lady Gaga bref. ce n'est pas France Info. Je me lève dans le noir et me demande d'où vient cette infâme odeur de pieds. Je n'ai jamais senti des pieds de ma vie, et même si j'ai assez bu pour me réveiller dans un lit qui n'est pas le mien, ça n'a jamais fait puer personne. L'interrupteur, enfin, me tombe sous les doigts. J'allume. Je regarde mon bras... qui n'est pas mon bras. Mon nez me paraît pointu, mes pommettes aussi. Putain, je ne suis pas moi. " Lorsque Maxime de Retz, homme d'affaires de 43 ans, se réveille dans le corps d'un ado, la situation est pour le moins embarrassante. Mais, quand on essaie de l'assassiner, là, tout part carrément en vrille.

MON AVIS : Je continue sur ma lancée des romans de Gabriel Katz mais nous sortons ici de l’héroic fantasy. Ne vous fiez pas au titre, nous n’avons pas à faire à des hordes de zombi ou autre personnage ayant goût pour la chair humaine, il s’agit d’un thriller fantastique.
J’ai beaucoup aimé ce roman, l’idée de ces « cannibales » est intéressante et bien exploitée. On suit avec intérêt et curiosité le personnage principal, Maxime, découvrant son nouveau corps et les particularités inhérentes à sa condition de cannibale. Son parcours au sein des « castes » se fait sans temps mort, sur un rythme effréné ponctué d’action et d’humour cher à l’auteur. La plume de Gabriel Katz est efficace, il nous livre une histoire bien construite qui se lit avec grand plaisir.


MA NOTE : 8/10